Mot du lexique marocain

Cèdre de l’Atlas

Le cèdre de l’Atlas, ou Cedrus atlantica, est un conifère de la famille des Pinacées, proche des autres espèces du genre Cedrus, notamment du cèdre du Liban. Le nom Cedrus dérive du grec ancien kédros, qui désignait divers arbres résineux. L’épithète atlantica fait référence aux montagnes de l’Atlas, et non aux régions atlantiques en général. Décrit comme une espèce distincte au XIXe siècle, il est aussi traité par certains auteurs comme une sous-espèce du cèdre du Liban, sous le nom Cedrus libani subsp. atlantica. Ce rang taxonomique reste discuté selon les flores et les approches adoptées.

Son aire naturelle se trouve en Afrique du Nord, principalement au Maroc et en Algérie. Au Maroc, les cédraies sont surtout présentes dans le Rif, le Moyen Atlas et certains secteurs du Haut Atlas oriental. En Algérie, l’espèce se rencontre notamment dans plusieurs massifs de l’Atlas tellien et de l’Atlas saharien. Le cèdre de l’Atlas pousse en montagne, généralement entre environ 1 200 et 2 300 mètres d’altitude, avec des variations selon les régions, l’exposition et les conditions locales. Il peut dépasser 30 mètres de hauteur et vivre plusieurs siècles.

Au Maroc, cette essence forestière joue un rôle écologique, économique et biogéographique important. Ses peuplements s’associent notamment au chêne vert, au genévrier thurifère et à d’autres espèces montagnardes. Ils fournissent des habitats à une faune diversifiée, mais sont soumis à différentes pressions, telles que le pâturage, l’exploitation, les incendies et les effets du changement climatique. La Réserve de biosphère de l’Atlas des Cèdres, reconnue par l’UNESCO en 2016, couvre environ 1 375 000 hectares et englobe une vaste mosaïque de cédraies, de forêts et de milieux montagnards du Moyen Atlas. Le cèdre de l’Atlas est également planté dans d’autres régions du monde comme arbre ornemental et forestier.