Mot du lexique marocain

Yahya ibn Ibrahim

Yahya ibn Ibrahim, également transcrit Yahya ben Ibrahim ou Yaḥyā ibn Ibrāhīm al-Judālī, est présenté par les chroniques comme un chef amazigh de la tribu des Goudala, l’un des groupes sanhaja du Sahara occidental médiéval. Son activité se situe dans la première moitié du XIe siècle, dans les régions sahariennes correspondant approximativement à l’actuelle Mauritanie et aux territoires voisins. Il joua un rôle important dans les débuts du mouvement almoravide, dont le pouvoir s’étendit ensuite au Maroc, sans être pour autant un souverain marocain au sens territorial moderne.

Les récits médiévaux situent généralement son pèlerinage à La Mecque vers 1035-1039, mais la chronologie varie selon les sources. Sur le chemin du retour, il aurait cherché un spécialiste capable d’enseigner à son peuple une pratique plus rigoureuse de l’islam sunnite selon le rite malékite. Il aurait d’abord rencontré le juriste Abū ʿImrān al-Fāsī à Kairouan, en Ifriqiya, puis sollicité l’aide de Waggāg ibn Zallū, établi dans le Souss. Waggāg lui aurait recommandé ʿAbd Allāh ibn Yāsīn, prédicateur et juriste qui devint la principale figure religieuse des débuts almoravides.

Yahya ibn Ibrahim aurait ensuite accueilli Ibn Yasin parmi les Goudala, dans le Sahara. Un ribāṭ, établissement à la fois religieux et communautaire, y fut organisé. Les membres du mouvement furent appelés al-Murābiṭūn, terme généralement rattaché au mot ribāṭ et à l’origine du nom « Almoravides ». Yahya ibn Ibrahim mourut probablement vers 1042, selon une chronologie discutée. Les tensions entre Ibn Yasin et une partie des Goudala contribuèrent ensuite à la réorganisation du mouvement, qui passa progressivement sous la direction de chefs tels que Yahya ibn Umar et Abou Bakr ibn Umar.