Au Maroc, wali est la translittération de deux termes arabes homographes, mais distincts par leur voyelle et leur contexte. Dans le vocabulaire religieux, le walī, au pluriel awliyāʾ, désigne un « proche de Dieu », c’est-à-dire une personne réputée pour sa piété, sa connaissance religieuse, son ascèse ou son autorité spirituelle. Le terme est rattaché à la racine arabe w-l-y, qui renvoie notamment à la proximité, à la protection, à l’alliance et à l’autorité. Il ne correspond pas à une canonisation officielle : la réputation de sainteté repose plutôt sur une reconnaissance religieuse et sociale, souvent locale, entretenue par des récits hagiographiques, une mémoire familiale ou la fréquentation d’un tombeau. Au Maroc, cette figure est fréquemment associée au soufisme, aux confréries et aux zawiyas. Les termes sayyid, cheikh et marabout peuvent désigner certaines figures ou certains lieux de sainteté, mais ils ne sont pas strictement synonymes de wali. « Marabout » est en outre une appellation française ancienne et imprécise, qui peut désigner un saint, un ascète ou, par extension, son tombeau ou son sanctuaire.
Dans l’administration marocaine contemporaine, le wali est un haut fonctionnaire nommé par le Roi, qui représente l’autorité centrale au niveau de la région. Il coordonne notamment l’action des services déconcentrés de l’État et veille à la mise en œuvre des lois et des décisions de l’autorité centrale. Cette fonction ne doit pas être confondue avec celle du président du conseil régional, qui dirige l’exécutif de la collectivité territoriale élue. Le sens religieux de walī et le sens administratif de wālī ont une origine lexicale commune, mais désignent des réalités différentes.