L’urbanisme traditionnel marocain désigne l’ensemble des formes d’organisation de l’espace urbain développées au Maroc avant et pendant la transition vers les modèles modernes, notamment dans les médinas et, selon les contextes, dans certains ksour et autres établissements fortifiés. Il ne renvoie pas à un modèle unique : ses formes varient selon les régions, les périodes, les ressources, les fonctions urbaines et les influences politiques et culturelles.
Ces espaces associent généralement une enceinte ou des limites défensives, des portes, une voirie hiérarchisée, des quartiers résidentiels, des souks et des équipements collectifs tels que les mosquées, les écoles religieuses, les bains, les fondouks et les dispositifs liés à l’approvisionnement en eau. L’organisation repose souvent sur l’articulation entre espaces publics, commerciaux et religieux, et espaces résidentiels plus privatifs, avec une architecture adaptée au climat et aux matériaux locaux. Les médinas marocaines sont le produit d’une histoire longue, marquée notamment par les dynasties successives, les échanges régionaux et les transformations intervenues sous le Protectorat puis après l’indépendance. L’expression désigne donc un héritage urbain et des pratiques historiques, non une forme figée ni exclusivement religieuse ou arabo-musulmane.