Mot du lexique marocain

Urbanisme colonial au Maroc

L’urbanisme colonial au Maroc désigne l’ensemble des doctrines, plans, infrastructures et formes bâties élaborés ou réorganisés sous les administrations française, espagnole et internationale, principalement entre l’instauration des protectorats en 1912 et la fin de ces régimes en 1956. Les transformations urbaines avaient toutefois commencé dans certaines villes avant 1912. L’expression ne renvoie pas à un style unique : elle recouvre des politiques et des réalisations différentes selon la zone française, la zone espagnole, la zone internationale de Tanger — administrée internationalement de 1923 à 1956 —, les villes, les périodes et les fonctions recherchées.

L’un de ses traits les plus visibles est l’articulation, parfois la séparation, entre la médina et des quartiers ou villes nouvelles. Le mot médina vient de l’arabe madīna, qui signifie « ville ». Au Maroc, il désigne généralement un tissu urbain historique, souvent ceint de remparts, mais issu de formations et d’époques diverses. Fès, fondée sous les Idrissides à la fin du VIIIe et au début du IXe siècle, puis agrandie notamment sous les Almoravides, les Almohades et les Mérinides, ne peut donc pas être réduite à un modèle colonial. Rabat conserve quant à elle des vestiges et des transformations liés à la période almohade ainsi que des constructions de l’époque alaouite. Ces héritages ont été pris en compte, protégés ou mis en scène de manière variable dans les projets urbains du Protectorat.