Un uléma marocain est un savant musulman formé dans les sciences religieuses, notamment l’étude du Coran, du hadith, du droit musulman et de la théologie. En français, « uléma » ou « ouléma » est un nom singulier emprunté à l’arabe ʿulamāʾ, pluriel de ʿālim, qui signifie « savant » ou « érudit ». Le terme peut désigner un spécialiste du droit musulman, un théologien ou, plus largement, un universitaire des sciences religieuses ; il ne constitue pas nécessairement un titre officiel ni une fonction déterminée.
L’adjectif « marocain » renvoie à une personne ou à une institution rattachée au Maroc contemporain. Pour les périodes antérieures à la formation de l’État marocain moderne, il convient de l’employer avec prudence, car les territoires et les autorités politiques ont changé. Les ulémas ont été associés à des centres d’enseignement comme Fès, Marrakech, Salé, Tétouan ou Meknès, ainsi qu’à des institutions religieuses implantées dans d’autres régions. Fès s’est affirmée au Moyen Âge comme un important centre d’étude islamique ; les Mérinides y fondèrent notamment Fès Jedid en 1276.
Les ulémas marocains peuvent enseigner dans des mosquées ou des médersas, interpréter le droit musulman, émettre des avis juridiques, prêcher, rédiger des ouvrages et participer à la formation religieuse. Certains ont également exercé des fonctions de juge, de conseiller ou de responsable religieux, mais ces fonctions ne sont pas inhérentes à la qualité d’uléma. Dans l’histoire religieuse du Maroc, l’enseignement sunnite de tradition malikite et la théologie ashʿarite ont occupé une place importante, sans que tous les ulémas ni toutes les périodes puissent être réduits à ces seules références.