L’écosystème des oasis marocaines désigne un ensemble dynamique associant des palmeraies et d’autres cultures, des eaux de surface ou souterraines, des sols, des habitats et les sociétés qui les exploitent et les entretiennent. Dans les zones arides et présahariennes du Maroc, il constitue généralement un agrosystème construit autour de la gestion de ressources en eau rares, au moyen notamment de seguias, de puits, de sources et, dans certaines régions, de khettaras. Les oasis ne sont donc pas de simples espaces verdoyants isolés dans le désert : ce sont des paysages agricoles et habités, dont l’équilibre dépend des apports en eau, de l’entretien des réseaux d’irrigation et des pratiques locales de répartition de cette ressource.
Elles se concentrent notamment dans les vallées du Drâa, du Ziz et du Gheris, ainsi que dans les ensembles oasiens du Tafilalet et d’autres secteurs présahariens. Une grande partie de ces territoires relève aujourd’hui de la région administrative de Drâa-Tafilalet, sans que l’espace oasien marocain se limite à ce découpage. Le palmier dattier y joue souvent un rôle structurant, associé à des cultures sous couvert, mais les formes d’exploitation et les espèces cultivées varient selon les vallées et la disponibilité de l’eau.
Ces écosystèmes sont fragiles. La raréfaction ou la dégradation des eaux, l’ensablement, la salinisation des sols, les transformations agricoles et l’urbanisation peuvent affaiblir les palmeraies et les systèmes d’irrigation. Leur préservation suppose donc de maintenir les ressources en eau, les infrastructures hydrauliques et les savoir-faire qui permettent leur gestion, tout en tenant compte des évolutions économiques, sociales et climatiques.